Hommage à Hans Richter – Redécouverte d'une avant-garde
DÉPARTEMENT ART MODERNE
Direction : Francis Briest

Hommage à Hans Richter : une présentation vidéo

Bruno Jaubert, spécialiste de l'Art moderne chez Artcurial, nous parle de l'exposition et de la vente consacrées à Hans Richter.

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Hommage à Hans Richter : vente le 23 octobre 2008

La vente Hans Richter se tiendra le 23 octobre 2008.

Les œuvres de la vente seront exposées du 18 au 22 octobre 2008 de 11h à 19h.

Consulter le catalogue.

Ouverture de l’exposition « Hommage à Hans Richter : redécouverte d’une avant-garde »

Hans Richter
Hans Richter

L’exposition consacrée à Hans Richter, organisée par le département Art moderne d’Artcurial, a ouvert ses portes.

Elle est ouverte au public jusqu’au 26 septembre 2008.

Entrée libre de 11h à 19h tous les jours.

Hôtel Marcel Dassault 7, Rond-Point des Champs-Élysées 75008 Paris

Hommage à Hans Richter : redécouverte d’une avant-garde

Jean Arp, Tristan Tzara, Hans Richter à Zürich, 1917
Jean Arp, Tristan Tzara, Hans Richter à Zürich, 1917
Naissance du mouvement Dada

L’exposition consacrée à Hans Richter (1888-1976) à l’Hôtel Marcel Dassault est la première d’une telle importance depuis la grande exposition monographique dédiée à l’artiste au Kunsthaus de Zürich en 1982.

Pionnier en perpétuelle expérimentation, Hans Richter a réalisé une œuvre novatrice et protéiforme qui est la combinaison unique d’un travail acharné de peintre et de cinéaste.

L’exposition propose de redécouvrir l’œuvre de Hans Richter, artiste dadaïste et avant-gardiste, à travers une centaine de pièces inédites pour la plupart – tableaux, sculptures, collages – et la projection d’une dizaine de films devenus des classiques de l’histoire du cinéma.

Ces pièces proviennent de la succession de l’artiste. Peintre tout d’abord, c’est la pratique d’un art purement abstrait et géométrique qui le porte à chercher dans le cinéma un nouveau champ d’expérience. Dans les années 20, il est l’un des acteurs capitaux par lequel le cinéma entre avec fracas dans la sphère des Beaux-Arts, faisant voler en éclats les frontières entre disciplines. Des expositions monographiques témoignant de l’importance de l’œuvre de Hans Richter sont en préparation en France et dans plusieurs musées européens – à Berlin, à Zürich – et au Los Angeles Contemporary Museum of Art.

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Hans Richter, au centre des avant-gardes

Le trajet artistique de Hans Richter noue des liens entre les grands mouvements d’avant-garde du début du 20e siècle. Formé au sein de l’Expressionnisme allemand à Berlin, il fait un détour par le Cubisme.

Portrait de Udo Rukser, 1914
Hans Richter
Portrait de Udo Rukser, 1914
Gouache

L’artiste entrevoit rapidement un art affranchi du sujet et qui libère la forme et la couleur. Zürich, 1916 : sa rencontre avec Jean Arp et Tristan Tzara et les autres protagonistes du mouvement Dada, promesse de liberté absolue, marque un tournant capital dans son œuvre. Dada avait pris pour devise le hasard et le proposait comme remède à la guerre, à la soumission, à la banalité et à l’art. Improviser était son credo. Richter le fera sien. Dès 1917, il prend une part active aux expositions (Zürich, Berlin), et publications des dadaïstes. Il peint alors « ces portraits visionnaires », représentant ses amis dadaïstes, animés de couleurs explosives et d’une liberté formelle « sans inhibitions ». Il se lance ensuite dans une peinture principalement abstraite, fondée sur la décomposition du mouvement. Ses recherches sur le portrait se poursuivent dans une série de Têtes dada, utilisant exclusivement le noir et le blanc.

A partir de 1919, Richter cherche à introduire un rythme temporel dans sa peinture. S’inspirant de l’ancienne tradition chinoise des rouleaux, il réalise ses premiers tableaux-rouleaux. Les formes s’enchaînent sur de longues bandes de toile : il découvre un dynamisme de l’expression jusque-là inédit.

Diaporama 1 : Berlin - Zürich 1910-1918 / Expressionisme – Dada

Hans Richter, Du tableau-rouleau à la pellicule

Hans Richter Ghost Before Breakfast, 1928
Hans Richter
Ghost Before Breakfast, 1928

Du rouleau à la pellicule, il n’y a qu’un pas, que Richter va franchir en 1921 avec Rythme 21, l’un des premiers films abstraits de l’histoire du cinéma. Carrés et rectangles y sont animés de mouvements rythmiques. Suivront Rythme 23 et Rythme 25, inspirés eux aussi par les préludes et fugues de Bach. Film Studie (1926) clôt une première phase d’expérimentations où il tente de reproduire un rythme et un mouvement proprement cinématographiques.

Son objectif est clair. Il veut expérimenter les « éléments fondamentaux » du cinéma : le magique, le poétique et l’irrationnel. Pour y parvenir, Richter va avoir toutes les audaces : il arrache les objets à leur quotidien, les place dans des rapports insolites, leur impulse un rythme, les déforme, les décompose. Il les dote de vie. Et s’affranchit totalement de l’enchaînement narratif traditionnel.

Ses films se succèdent, s’apparentant à Dada puis au Surréalisme. Avec Ghost before breakfast (1928), il abandonne ses abstractions pour un film résolument dadaïste où les objets se révoltent contre la routine quotidienne. Le film sera interdit par le régime nazi. La même année, il signe Inflation, pamphlet anti-capitaliste, mettant ses avancées visuelles au service de l’urgence politique.

En 1940, il quitte l’Europe pour les Etats-Unis. Nommé directeur de l’Institut Cinématographique au City Collège de New York en 1942, il continue de peindre de façon intensive.

Entre 1944 et 1954, il réalise des grands rouleaux qui sont la fusion de son travail pictural et cinématographique. Ses œuvres font l’objet d’expositions personnelles à New York, Chicago, San Francisco, Paris, Bâle, Amsterdam.

En 1947, il réalise Dreams that money can buy tourné avec des artistes européens exilés comme lui, Fernand Léger, Marcel Duchamp, Alexander Calder, Max Ernst, Man Ray. Le film obtient le prix international de la Biennale de Venise « pour la meilleure contribution originale au progrès du cinéma ». L’expérience du film collectif se renouvellera avec 8 x 8, réalisé entre 1955 et 1958, basé sur le thème du jeu d’échec, auquel participent notamment Jean Cocteau, Alexander Calder, Jean Arp, Man Ray et Marcel Duchamp. Pour Dadascope (1956-1961), film-collage sur l’histoire du mouvement Dada, il convie ses camarades dada, Arp, Duchamp, Hausmann et Huelsenbeck.